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La vaccination : vos questions, nos réponses.

Dr. Catherine Myers10 min de lecture
Peinture aquarelle de virus en multicolores

La vaccination fait partie des grandes avancées de la médecine moderne. Des maladies qui étaient autrefois responsables de nombreuses hospitalisations, handicaps et de décès sont actuellement devenues rares dans de nombreux pays. Pourtant la vaccination suscite aujourd’hui de nombreuses questions chez les parents. Est-elle vraiment nécessaire ? Les vaccins sont-ils sûrs ? Pourquoi vacciner contre des maladies que l’on ne voit presque plus ?

Ces questions sont légitimes. En tant que pédiatre, notre rôle est d’y répondre avec transparence, en s’appuyant sur les connaissances scientifiques les plus solides.

1.     Pourquoi vacciner son enfant ?

Le système immunitaire du jeune enfant est encore en développement. Cela le rend particulièrement vulnérable à des maladies infectieuses, surtout pendant les deux premières années de sa vie.

Les vaccins lui permettent de se défendre contre certains agents infectieux (virus ou bactéries) avant qu’ils ne provoquent une maladie. Les vaccins permettent à l’enfant de s’en défendre de façon efficace en cas d’exposition.

La vaccination protège surtout l’enfant lui-même. Certaines maladies peuvent entrainer des complications graves, qui peuvent mener à une hospitalisation, avoir des séquelles permanentes ou même, mener au décès. 

Mais la vaccination a aussi une dimension collective. Lorsqu’une grande partie de la population est vaccinée, la circulation des agents infectieux diminue. Cette protection indirecte, appelée protection collective est indispensable pour les nourrissons trop jeunes pour être vaccinées, les personnes immunocompromises et certains groupes à risques de la population.

2.     Comment fonctionne la vaccination ?

Pour comprendre la vaccination il faut imaginer que notre système immunitaire qui nous défend des maladies infectieuses, possède une incroyable mémoire. Lorsqu’il rencontre pour la première fois un virus ou une bactérie, il met plusieurs jours à fabriquer les défenses nécessaires pour le combattre. Pendant ce temps, pour certaines maladies, des complications peuvent se développer.

La vaccination agit comme un entrainement. Il présente au système immunitaire un fragment inoffensif ou une version affaiblie de l’agent infectieux, incapable de provoquer la maladie. Le système immunitaire apprend alors à le reconnaitre et fabrique des anticorps ainsi que des cellules mémoire qui resteront en réserve pendant des années, voire toute la vie pour certains vaccins. Si l’enfant rencontre ensuite le véritable microbe, son système immunitaire le reconnait immédiatement et déclenche une réponse rapide et efficace. Ceci permet d’empêcher la maladie ou d’en réduire considérablement la gravité.

Avec les temps, la protection apportée par certains vaccins peut diminuer. Une dose de rappel de vaccin réactive le système immunitaire ce qui lui permet de garder un niveau de protection élevée. 

3.     Pourquoi continuer à vacciner contre des maladies devenues rares ? 

Il est vrai que les jeunes parents n’ont probablement jamais vu de diphtérie, de poliomyélite ou de rougeole. C’est précisément parce que les programmes de vaccination ont été très efficaces !!

Cependant ces maladies n’ont pas disparu du monde. Dès que la couverture vaccinale diminue, des épidémies peuvent réapparaitre.

La disparition apparente d’une maladie est donc le résultat de la vaccination, et non une raison de l’abandonner.

4.     Pourquoi les nourrissons reçoivent-ils plusieurs vaccins dès les premiers mois ?

Il est vrai que les jeunes parents n’ont probablement jamais vu de diphtérie, de poliomyélite ou de rougeole. C’est précisément parce que les programmes de vaccination ont été très efficaces !!

Cependant ces maladies n’ont pas disparu du monde. Dès que la couverture vaccinale diminue, des épidémies peuvent réapparaitre.

La disparition apparente d’une maladie est donc le résultat de la vaccination, et non une raison de l’abandonner.

5.     Les vaccins sont-ils sûrs ?

Seringue et fiole en verre sur fond bleu

Photo de Markus Spiske sur Unsplash


Avant d’être autorisé un vaccin fait l’objet d’études rigoureuses évaluant sa sécurité et son efficacité. Une fois mis sur le marché, il continue d’être surveillé en permanence grâce à des systèmes internationaux de pharmacovigilance qui permettent de détecter d’éventuels effets indésirables rares.

Comme tout médicament, un vaccin peut provoquer des effets secondaires. Les plus fréquents sont bénins : douleur au point d’injection, rougeur, fièvre de bas grade, irritabilité pendant un à deux jours. Ces réactions témoignent de l’activation normale du système immunitaire.

Les effets secondaires grave existent, mais ils sont extrêmement rares. Et surtout, le risque de complications liées à la maladie elle-même est beaucoup plus élevé que celui associé à la vaccination !

6.     Les vaccins contiennent-ils des substances dangereuses ?

C'est une question que de nombreux parents se posent, notamment à propos de l'aluminium. Celui-ci est utilisé depuis plusieurs décennies dans certains vaccins comme adjuvant : il ne protège pas contre la maladie à lui seul, mais permet de renforcer la réponse immunitaire et d'obtenir une protection plus efficace avec une plus faible quantité d'antigène. 

Les quantités d'aluminium contenues dans les vaccins sont extrêmement faibles. Elles sont largement inférieures à celles auxquelles nous sommes naturellement exposés au quotidien par notre alimentation ou notre environnement. De nombreuses études scientifiques ont évalué la sécurité des adjuvants à base d'aluminium et les données disponibles montrent que leur utilisation dans les vaccins est sûre.

7.     Les vaccins affaiblissent-ils le système immunitaire ?

Non. Dès la naissance, le système immunitaire est confronté à des milliers de bactéries ou de virus présents dans son environnement extérieur et intérieur (microbiote). Les antigènes présents dans les vaccins ne représentent qu’une infime fraction de cette stimulation naturelle.

Les vaccins stimulent le système immunitaire de manière ciblée, afin qu’il développe une mémoire protectrice. Ils n’augmentent pas le risque d’autres infections et ne rendent pas les enfants plus fragiles.

8.    Les vaccins peuvent-ils provoquer la maladie qu’ils sont censés prévenir ?

Dans la grande majorité des cas, non

La plupart des vaccins contiennent soit un microbe inactivé (tué), soit un fragment de virus ou de bactérie. Ils ne peuvent donc pas se multiplier dans l’organisme pour causer une infection.

Quelques vaccins, comme celui contre la rougeole, la rubéole, les oreillons et la varicelle, sont des vaccins vivants atténuée. Ils contiennent une forme du virus qui a été affaibli en laboratoire. Ces vaccins peuvent exceptionnellement entraîner une forme vaccinale de la maladie, beaucoup plus légère que l'infection naturelle.

Enfant en tshirt blanc qui se fait mettre un sparadrap après un vaccin

Photo de CDC sur Unsplash


9. Et si je préfère attendre ?

Il est naturel que certains parents souhaitent prendre le temps de se renseigner avant de faire vacciner leur bébé. En parler avec son pédiatre permet de poser toutes ses questions et de prendre une décision éclairée. 

Quelle que soit cette décision, les parents doivent pouvoir échanger avec leur pédiatre dans un climat de confiance, sans jugements. Le rôle du médecin est d’écouter leurs préoccupations, de répondre à leurs questions et de les accompagner dans leur réflexion avec bienveillance.

10.    Comment s’informer de manière fiable ?

Face à la multitude d’informations disponibles il n’est pas toujours facile de distinguer le fait des opinions, la science de l’anecdote. Il est tout à fait normal d’avoir des questions lorsqu’il s’agit de la santé de son enfant.

Pour se faire une opinion éclairée, il est important de s’appuyer sur des sources reconnues. Celles-ci élaborent des recommandations basées sur l’ensemble des données scientifiques disponibles et les réévaluent régulièrement à la lumière de nouvelles connaissances. Les recommandations vaccinales évoluent, car les données scientifiques évoluent avec les progrès de la recherche.

La pédiatre reste l’interlocutrice de choix pour répondre aux questions, faire part des bénéfices et risques des chaque vaccin et de recommander des sources fiables. Un dialogue ouvert et respectueux est essentiel pour arriver à la meilleure décision pour chaque enfant.

D’autres questions fréquentes

Mon enfant est malade le jour de la vaccination : faut-il reporter le vaccin ?

Une infection bénigne, comme un rhume, une toux légère ou une petite fièvre, ne constitue généralement pas une contre-indication à la vaccination. En revanche, si l'enfant présente une forte fièvre ou un état général altéré, il est souvent préférable d'attendre quelques jours. Votre pédiatre évaluera la situation au cas par cas.

Les vaccins sont-ils obligatoires ?

En Suisse, les vaccins sont recommandés chez l'enfant, ils ne sont pas obligatoires. Les parents sont libres de décider s'ils souhaitent faire vacciner leur enfant, après avoir reçu une information claire, complète et fondée sur les connaissances scientifiques actuelles. Le rôle du pédiatre est d'accompagner les parents dans cette décision, de répondre à leurs questions et de respecter leur choix.

Que faire si une dose de vaccin a été oubliée ?

Il n'est jamais nécessaire de recommencer toute la vaccination. Le calendrier peut être adapté grâce à un schéma de rattrapage. Si une dose a été oubliée, parlez-en à votre pédiatre qui vous indiquera la marche à suivre.

Mon enfant a peur des piqûres. Comment l'aider ?

La peur des injections est fréquente, quel que soit l'âge. Expliquer calmement ce qui va se passer, distraire l'enfant pendant le geste ou le garder dans les bras lorsqu'il est petit peut l'aider à mieux vivre la vaccination. N'hésitez pas à en parler avec votre pédiatre, qui dispose d’une grande habitude et de stratégies pour diminuer l'anxiété.

Est-il préférable d'attraper la maladie naturellement plutôt que d'être vacciné ?

Pour certaines maladies, une infection naturelle peut conférer une protection plus durable qu'un vaccin. Toutefois, le bénéfice éventuel d'une immunité plus longue ne compense pas les risques liés à la maladie. La vaccination reste donc le moyen le plus sûr d'acquérir une protection contre ces infections.

6. Peut-on vacciner un enfant allergique ?

Oui, dans la grande majorité des cas. Les allergies alimentaires, l'asthme ou l'eczéma ne contre-indiquent pas la vaccination. Seules certaines allergies très rares à un composant spécifique d'un vaccin nécessitent des précautions particulières.

Pourquoi les vaccins ne protègent-ils pas à 100 % ?

Aucun vaccin n'est efficace à 100 %. L'âge, l'état de santé ou le fonctionnement du système immunitaire peuvent influencer le niveau de protection obtenu. C'est pour cette raison qu'une couverture vaccinale élevée est importante : en limitant la circulation des maladies, elle protège également les personnes chez qui le vaccin est moins efficace ou qui ne peuvent pas être vaccinées.

Pourquoi faut-il plusieurs doses et des rappels ?

Pour la plupart des vaccins, une seule dose ne suffit pas à induire une protection suffisamment forte et durable. Les premières doses permettent au système immunitaire d'apprendre à reconnaître le microbe, tandis que les doses suivantes renforcent et consolident cette protection.

Au cours du temps, l'immunité conférée par certains vaccins peut diminuer. Les rappels réactivent la mémoire immunitaire et permettent de maintenir une protection efficace pendant de nombreuses années.

Le nombre de doses et le moment des rappels sont déterminés à partir d'études scientifiques qui évaluent la meilleure façon d'obtenir une protection durable contre chaque maladie.